Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 10:44

 

  Mercredi 29 juin, les élus du Loir et Cher, tous mandats confondus, ont trouvé dans leur boîte aux lettres un exemplaire de la Nouvelle République généreusement offert par le Conseil Général.On pourrait saluer l'initiative permettant à un large public d'accéder à la lecture du quotidien départemental, mais ce qu'on trouve n'est pas seulement la NR du jour, c'est un supplément de 12 pages à la gloire de Maurice Leroy et de son Conseil Général.

 

Que le ministre-président fasse régulièrement sa communication, au travers de Loir et Cher Info ou en achetant aux médias quelques encarts publicitaires n'est pas un problème en soit. Mais quand est publié un supplément certifié NR entièrement consacré à la propagande de l'exécutif du Conseil Général, on est en droit de se poser la question de l'indépendance de la presse quotidienne régionale en Loir et Cher.

 

Le terme de propagande peut sembler excessif mais, dans les articles écrits par des journalistes du quotidien, dont la directrice départementale, aucune critique, aucune mise à distance, aucune comparaison avec d'autres départements, uniquement de la publi-information jusque dans des questions à sens unique du style « Vous êtes aujourd'hui ministre et président du conseil régional. En quoi cette double casquette est-elle un atout pour le département et son avenir ? ». Des témoignages enthousiastes et pas une ligne pour recueillir une opinion divergente. Dans le Loir et Cher Info, les élus d'opposition ont, au moins, droit à une tribune.

 

De plus, aucune information sur le statut de ce supplément dans le corps du journal, ce qui laisse de nombreuses questions en suspens : est-ce une initiative du journal ou une commande politique ? S'il s'agit d'une commande du Conseil Général, combien coûte-t-elle aux contribuables du Loir et Cher ? Combien coûte l'envoi de ce journal aux élus du département ? Est-ce que ce coût est compris dans le budget du Conseil Général ou dans les dépenses de campagne du candidat Leroy pour les prochaines sénatoriales ?

 

La place grandissante de la publicité institutionnelle dans les médias locaux et nationaux est un problème pour notre démocratie, dont un des piliers fondamentaux reste l'indépendance politique et financière des médias par rapport aux puissants. La publi-information politique nuit non seulement à la crédibilité des médias qui les diffusent, mais aussi à celles des politiques qui les commandent.

 

François Thiollet, conseiller municipal de Blois.

Par FT - Publié dans : Communiqués
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