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Intervention en conseil municipal à propos du débat d'orientation budgétaire (novembre 2011)
Monsieur le maire, nous somme à mi-parcours, le budget que nous voterons bientôt sera le quatrième de ce mandat. Nous allons
voter ce budget dans un contexte de crise économique et financière d'une ampleur que beaucoup d'entre nous n'ont jamais connu. La crise que nous traversons est exceptionnelle par sa brutalité et
sa globalité.
La politique nationale d'austérité aura des conséquences sur la ville, notamment par le retrait des concours de l'Etat. Les choix de l'actuel gouvernement ne seraient pas les nôtres, ils nous appartient cependant d'en tenir compte. si notre situation financière est correcte, Blois n'est pas en dehors du monde, et rien à ce jour ne nous garantit que la France ne connaîtra pas les situations dramatiques de nos proches voisins européens. Même si nous en sommes préservés, il faut nous préparer à affronter dans les années qui viennent un ralentissement de l'économie locale et un appauvrissement d'une grande partie de nos concitoyens.
L'idéologie libérale en Europe a pris des coups à Rejkavik, à Dublin, à Athènes, à Rome, mais elle garde de vieux restes, et j'entendais encore il y a peu la volonté de certain affichée comme un leitmotiv de « non remplacement d'un fonctionnaire sur deux », ou d'abandon de secteurs de la chose publique locale à des partenaires privées.
Depuis trois ans pourtant, les efforts de gestion demandés aux différents services ont été importants, une grande partie des budgets et des actions menées se sont fait à budget contraints. On leur a demandé de faire mieux, de faire plus, en dépensant moins. Beaucoup d'entre eux semblent arrivés au bout de leurs efforts ; d'autres, c'est le cas pour le secteur jeunesse, se demandent comment assurer une qualité de prestation constante avec des effectifs d'usagers en nette hausse.
Depuis trois ans, nous essayons de mener des politiques qui permettent de renforcer le lien social, au plus proche des habitants. Ces politiques se fondent en très grande partie sur l'investissement de nos agents par les liens qu'ils tissent avec la population, dans leurs activités, dans leurs quartiers.
L'aggravation du contexte va nous mettre face à des choix difficiles. Je voudrais insister ce soir sur la nécessaire protection de nos salariés, ce n'est pas sur nos agents que devront se faire les économies de gestion car ce sont ces agents qui sont le service public municipal. Ce que nous pouvons offrir aux habitants, avec leurs impôts, doit être d'autant plus défendu. Dans une tempête ce qui importe, ce n'est pas tant la qualité du capitaine que la cohésion de l'équipage.
Pour finir sur une touche plus financière, je voudrais souligner que nous ne devons pas adopter une simple position défensive face au contexte économique, nous devons aussi nous donner les moyens d'inventer de nouvelles richesses pour assurer une plus grande justice sociale dans notre ville. Nous avons encore des pistes sociales et écologiques à creuser : la monnaie locale, l'habitat coopératif (village vertical Villeurbanne), ou le budget participatif en sont quelques exemples peu coûteux à mettre en oeuvre.
François Thiollet