Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 10:10

La majorité gouvernementale (UMP et Nouveau Centre) a fait un choix clair quant au devenir de l'éducation nationale, la réduction des moyens humains : 40 000 postes de professeurs ont disparu en trois ans. A la rentrée, ce sont 16 000 postes en moins pour 62 000 élèves en plus. L'argument financier est souvent avancé pour justifier ce « plan social » sans précédent, et le projet pédagogique du gouvernement est lui aussi assez simple : compétition, sélection, sanctuarisation. L'idéologie de la responsabilité et de la sécurité masque des discriminations sociales et territoriales fortes que les choix du gouvernement aggravent. La suspension des allocations familiales et les caméras en sont les exemples les plus caricaturaux.
Face à cette politique réactionnaire,comment les élus issus de la majorité UMP/Nouveau Centre peuvent-ils assumer ces décisions ?
En Loir et Cher, l'équipe de Maurice Leroy communique à la rentrée, non pas sur les supressions massive de postes adoptées par son gouvernement, mais plutôt sur le cartable électronique, présenté comme une évidence du progrès technologique éducatif. Parce que, nous le savons tous, ce dont ont besoin les collégiens, c'est plus d'ordinateurs, et moins de profs. Tout comme les malades ont besoin de médicaments plus que d'infirmières ou d'hôpitaux, et les délinquants, comme l'a évoqué Nicolas Sarkozy aujourd'hui, de prisons plus que de juges. On installe donc à grand frais des tablettes tactiles dans un collège du département, sans se poser la question des risques pour les élèves liés aux technologies mobiles : Le cerveau d'un enfant absorbe pourtant jusqu'à 50 % de plus de rayonnement électromagnétique que celui d'un adulte. De nombreuses études convergent pour alarmer les politiques sur ces risques sanitaires. Plusieurs pays, dont l'Allemagne, ont interdit le wi-fi dans les établissements scolaires. Et même en France, pour les mêmes raisons sanitaires, dans le cadre de la loi grenelle 2, le principe de l'interdiction des téléphones portables dans les écoles et les collèges a été adopté par la chambre des députés et le Sénat. Seulement le principe, on attend toujours des décrets d'application.


La réponse matérielle aux enjeux de l'éducation est caractéristique d'une dérive qui concerne malheureusement tous les domaines de la politique. Aux problèmes de fond de l'éducation, on répond par l'achat d'objets, comme on répond aux problèmes de déplacements par la constructions de nouvelles routes. Parce ce que ce qui prime c'est d'abord une logique d'affichage, mais aussi parce que trop d'élus baignent dans la culture consumériste du toujours plus.

Et le choix politique que fait la droite est clair : proposer plus d'objets, et moins d'humains.

 

F.Thiollet

Par FT
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